La Commune de Joal Fadiouth.

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Histoire de Fadiouth

Vers le 13 ème siècle, des querelles tribales avaient divisé l' E mpire du Ghana que Soundiata KEITA venait de conquérir. En ce moment, Massa Waly Siguirane DIONE , très ambitieux et assoiffé de pouvoir, tenta en vain de faire un coup d'Etat. Par crainte de mourir sur l'échafaud, Massa Waly et sa suite prirent la fuite et vinrent s'installer en Guinée portugaise à Gabou . Là, le jeune prince acquit une popularité. Toujours rêveur, il décida d'assujettir la région ; mais les rois du pays s'opposèrent à son action : parmi ces rois, figurait le redoutable Sountoubabang qui dut livrer une guerre contre Massa Waly.

Au bout de sept ans, Massa Waly sortit victorieux. Pour des questions de stabilité politique, il maria en secondes noces la nièce de son vassal. Le ménage fut prépondérant et Massa Waly se laissa berner, comme par malheur, par les caprices de sa femme et lui révèla le secret de sa puissance. Ainsi donc s'annonce le drame de notre histoire (HISTORIQUES). Par une belle matinée, alors que son mari dormait, cette ménagère se déguisa en garde et rapporta à son frère, fidèle compagnon de Massa, le talisman de celui-ci, qui dit-on, faisait l'effroi de ses ennemis.

Devant ce dilemme, Massa s'interrogeait s'il fallait combattre l'ennemi et devenir son sujet ou fuir pour ensuite faire de nouvelles conquêtes. Il refusa la sujétion, la servitude de Sountoubabang et rassembla ses troupes. Il procéda à un vote à main levée. Il disait : que ceux qui se sentent honorer de ma gloire passée veuillent me suivent car, pour rien au monde, je ne deviendrai jamais l'esclave de mon esclave. De ces termes, l'assemblée lui renouvela sa confiance en se conformant à ses vœux et ils quittèrent Gabou.

L'EXODE DE MASSA WALY

Partis de Gabou (guinée Bissau), Massa et sa suite entreprirent un long voyage vers le Nord. Ils traversèrent la Casamance et à ce propos, notons la création du village « soce » Alsa, Sani Mintaleng Diouma, la Gambie ; et atteignirent le Saloum. La traversée de ce fleuve s'effectue par une pirogue provenant du nom « NDOUNE » ; d'ou l'appellation des îles du Saloum : GA NDOUNE. Là, on vivait de pêche et de cueillette. Dans cette région sérère, nous pouvons noter la fondation de l'île de Nodior et celle de Dionewar par les fils de Dioural. De Sangomar, Massa et son entourage gagnèrent le village de Diakhanore, une famille de la lignée des Diakhanoras y reste et c'est pourquoi les Diakhanoras de Fadiouth ont des biens matériels à Diakhanor ; notamment dans le domaine des palmiers. Puis les Massa arrivèrent à Ngoundoumane que les « Hiokames » occupèrent et à Fakao créé par les « Siwagna ».

RECHERCHE DE SITE FAVORABLE ET SEPARATION

Accablés de fatigue dans leur poussée vers le Nord, Massa et ses gens se reposèrent à Fata. La soif les avait gagnée. Anecdote : au moment où la foule migratrice, les yeux en haut, implorait de l'eau, un pigeon s'envola du gouffre du baobab et ses ailes laissèrent tomber des gouttes d'eau. Toute la foule s'écria « fatalé », c'est-à-dire de l'eau, de l'eau ; et se précipita vers le gouffre et se désaltéra. Après rafraîchissement, Massa resta sept jours à Faboura, transformé en sept ans par la légende. Ses émissaires inspectèrent la région et trouvèrent que le climat de Mbissel était favorable pour leur roi Guelwar. Massa s'installa donc à Mbissel qu'il choisit comme capitale où il mourut par une égratignure d'un coq. A ce moment, une partie de la tribu vint à Tindine : ce lieu offrait certes un asile mais son eau était saumâtre et Moussa Molonko y trouva la mort. Ils quittèrent Tindine pour Fadiouth. Cette île entourée par de très profonds bras de mer fut choisie comme lieu sûr qui abriterait ses habitants contre tout envahisseur quelqu'il soit malgré la salinité de l'eau. Pendant que certains défrichaient le terrain, d'autres se mirent à la recherche d'une eau potable. L'histoire d'une gueule tapée les conduisit à Diong (Joal) au marigot de Ngassamack connu actuellement au nom de Pipa . A Diotyo, actuel cimetière de Fadiouth, mourut Ndiagor.

 LE FONDATEUR DE L'ILE

Massa était un homme sympathique et très ouvert. Aussi fit -il la connaissance du père de Fadiara-Fadiouth, un roi bambara du temps de leur amitié, renforcée par le mariage de Fadiara et d'une nièce à Massa. Cette femme de Fadiara était sûrement une Diakhanora ; d'où l'appartenance de l'île à la famille maternelle de Tiboye, elle-même Diakhanora.

Le fondateur de l'île serait donc Fadiara , du Bambara Fadioudia. Le premier habitant mort et enterré dans l'île fut Ndagne qui s'est vu attribu er le titre de fondateur par la légende. Au cours du règne de Massa, la capitale passa successivement de Mbissel à Djilass, puis à Ndiongolor et à Diakhao.

HABITANTS DE FADIOUTH AU 12 ème ET 13 ème SIECLE

On peut dire que les premiers habitants de Fadiouth étaient des Socés d'origine . Ils se sont, au cours de leur voyage, unis aux Sérères du Sine venus de la rive gauche du fleuve sénégal parcequ'ayant refusé de se soumettre aux conquérants musulmans.  

STRUCTURES POLITIQUES

Les familles qui fondèrent l'île étaient venues tout au long de leur voyage avec des esclaves. Mais la structure sociale n'admettait pas qu'un esclave habitât la même maison que son maître. Les esclaves furent donc envoyés à Diong.

LES VILLAGES ENVIRONNANTS

Mbodiène : fondé par Gagane MBODJ après que Hamat BA eût pillé la région de Mbeye (Gambey)

Ndianda : date de Yigo où se sont succédés Satiep et Pierre NDIAYE

Fadiara : s'appelait Wadia, c'est-à-dire habité pour quelques temps

Mbagana : c'est-à-dire on les a tous exterminés

FADIOUTH AU 19 ème SIECLE

Pendant de sept siècles, Fadiouth a vécu dans la tranquillité. Cependant, les habitants de l'île payaient l'impôt (sahara shara) au Bour Sine. La coopération avec les Blancs se faisait seulement dans le domaine de la vente des esclaves.

FADIOUTH A-T-IL FAIT DE GUERRE ?

Après la colonisation du Sénégal par les Français, Fadiouth fut rattaché à la région du Sine-Saloum. Fadiouth n'a jamais été dominé parce que l'île était pratiquement inaccessible et était défendue par des esprits, pour la plupart, bienfaiteurs sauf si la paix de ses habitants se trouvait menacée de l'extérieur. C'est ainsi que nous pouvons noter les échecs du Sine-Saloum qui avait voulu prendre d'assaut le village et dont les envahisseurs se sont vus noyés ou déroutés par des flèches et des abeilles.

Les chefs de village qui se sont succédés sont :
Diangoh - Latyr Diofté - Hamad Yingué - Nguessa Bandé - Moundor Diouf - Waly Tening Thioro - Fodé Ndié Ndiaye - Khalidou Yaliss - François Sangol Sarr - Gilbert Boucar Ndiaye( actuel chef de village).

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